Faut-il renforcer ou pas ?
Qui ne s’est pas demandé un jour, en observant son plancher ou son plafond, si le coefficient de pondération selon la norme Eurocode avait bien été pris en compte en 1768 dans l’établissement de sa capacité portante ?
Vous-même, si vous êtes ici, êtes probablement rongé par le doute. Une énorme fissure et des craquements bizarres ? Peut-être avez-vous prévu des travaux qui viendront supprimer ou ajouter du poids sur une structure (une cloison par exemple), ou peut-être n’avez-vous simplement pas entière confiance en votre plancher ancien, qui a pu subir des dommages dans sa longue vie. D’où cette question : je renforce, ou pas ?
Pour éviter des travaux coûteux et inutiles, il faut absolument établir un diagnostic avant toute chose. Après tout, il n’est peut-être pas nécessaire de renforcer.
Chez Debord, si ça tient, on vous dira que ça tient !
Comment se déroule ce diagnostic, et qu’implique-t-il au juste ?
Les sondages
Il arrive que les éléments structurels soient visibles, comme dans le cas d’un plafond avec poutres apparentes. Dans ce cas, nous pouvons directement procéder aux mesures.
Mais la plupart du temps, ces éléments ne sont pas visibles, ou en partie cachés. Il faudra alors réaliser des sondages.
On ne va pas vous mentir : on va venir faire des trous chez vous. Mais pas n’importe comment.
Une équipe spécialisée se déplace et effectue des sondages destructifs, sous formes de trous ou de « fenêtres », à plusieurs endroits stratégiques. Nous pourrons ainsi relever les dimensions et l’état des structures.
Inutile pour nous de dégager l’ensemble ; notre équipe possède une connaissance approfondie des différentes structures du bâti parisien. En opérant par échantillonnage et par approches successives, il parvient à reconstituer l’ensemble des structures du plancher.

Les structures sont dégagées à certains endroits stratégiques…

… puis sont refermées à l'aide de petites trappes coulissantes
Les destructions sont alors minimales et les plafonds – les corniches notamment – sont majoritairement conservées. Une refermeture provisoire sous forme de petites trappes ou de volets coulissants en plastique est réalisée, ce qui permet au local de continuer à être utilisé le temps des investigations et expertises diverses, et en attendant les éventuels travaux de confortement.
Pour les structures bois, nous effectuons un relevé précis de chaque élément : hauteur, largeur, portée, entraxe et état, ce dernier étant exprimé en coefficient d’efficience.

Un relevé précis des structures bois est fait sur place
Pour les poutrelles métalliques, nous mesurons les épaisseurs de métal restant après grattage de la rouille, ce qui permet de faire un calcul de résistance basé sur les caractéristiques réelles des fers dans leur état actuel, même dégradé. Les mesures sont alors faites au pied à coulisse et au sondeur à ultrasons.

Implantation des sondages

Mesure des caractéristiques de chaque fer
Contrairement aux sondages dans les médias, les nôtres ne se trompent pas : leur précision est telle que nous pourrons affirmer qu’une intervention est inutile ou bien élaborer un programme de renforcement et le chiffrer sous forme de devis sur lequel nous pourrons nous engager.
Cependant, comme chacun sait, les sondages ont aussi leurs limites. Si nous intervenons, les vérifications seront poussées encore plus loin et plus en détail afin d’être certains d’opérer un confortement sûr à 100 %. La qualité de notre travail en amont assurera que d’éventuels ajustements du programme de renfort n’entraîneront pas de supplément de prix.
Le diagnostic
Voilà, il y a des trous dans votre plafond et on voit un certain nombre de bouts de bois. Là ! Une solive est clairement rongée ! Cette fois c’est sûr, il faut renforcer !
Pas si vite. Une poutre visiblement endommagée peut encore être suffisamment résistante… si elle était surdimensionnée au départ. À l’inverse, une autre très légèrement attaquée peut être totalement instable si elle était sous-dimensionnée à l’origine. Une goutte d’eau qui pourrait bien faire tomber le plancher !
Bref, un diagnostic calculé est incontournable avant d’envisager la restauration d’un plancher douteux.
Pour notre diagnostic, nous prenons en considération l’élément dans son ensemble. Pour un plancher par exemple, nous relevons sur place les caractéristiques de ses divers éléments, la section utile de chaque poutre, son état, sa portée, et les charges à supporter.
Ensuite, au bureau d’étude, nous calculons pour chaque élément sa capacité portante et les charges qui lui sont appliquées pour comparer ces deux chiffres.

Tableau de synthèse des résultats de calcul d'un plancher bois
Nous aurons alors trois cas de figure :
1 – La résistance est supérieure
Si la résistance de l’élément est supérieure aux charges qu’il reçoit, avec un coefficient de sécurité suffisant (le coefficient normalisé dit « de pondération »), nous considérons qu’il n’y a pas lieu d’intervenir.
L’élément sera reporté en vert sur notre plan de synthèse.
2 – La résistance est inférieure
À l’inverse, si la résistance est inférieure, un renforcement est à prévoir.
L’élément sera reporté en rouge sur notre plan.
3 – La résistance est supérieure, mais…
Enfin, si la résistance est suffisante, mais ne respecte pas le coefficient de sécurité, cela signifie que la poutre ne répond pas aux normes.
Le renforcement de ces éléments n’est pas obligatoire dans un bâtiment ancien, mais si d’autres poutres sont à renforcer dans la zone, nous proposons d’intervenir tout de même pour remettre aux normes l’ensemble des solives. La garantie décennale est alors étendue à l’ensemble du plancher.
Ces éléments sont reportés en orange sur notre plan.

Exemple d'un plan de synthèse
Conclusion
Grâce à la précision de notre diagnostic, nous sommes à même d’élaborer un programme de confortement qui sera basé sur l’état réel des structures.
Un rapport sera établi, précisant les différents éléments de calcul mentionnés ci-dessus, dans le cadre d’une expertise judiciaire par exemple. Ou bien un devis pourra vous être proposé directement.
Et voilà, vos doutes sont dissipés, et vous pouvez enfin vous consacrer à d’autres questions existentielles : je conforte par-dessus ou par-dessous ?